Economie et assistanat
L'augmentation continue de la dette publique (1100 milliards d'euros) constitue à juste titre une grande source d'inquiétude pour nos contemporains.
Il convient de s'attacher à l'une de ses principales causes que constitue la diminution alarmante du taux d'activité réel présent et à venir des Français, lequel amène inévitablement une fragilisation de l'équilibre des régimes sociaux et une diminution des recettes publiques.
Cela paraît d'autant plus grave que le système économique et social dans lequel nous vivons, ainsi que l'action des pouvoirs publics nationaux et européens semblent précisément encourager ce phénomène désastreux.
Il importe tout d'abord de constater que, compte tenu d'une part, du système d'indemnisation chômage et d'aides sociales de toutes natures accordées par la puissance publique aux populations exclues du marché du travail et, d'autre part, du montant excessif de l'impôt sur les revenus dont la contribution aux recettes de l'Etat est somme toute faible[1] eu égard à son coût, une véritable "trappe à pauvreté" se met en place. En effet, cela amène parfois des personnes raisonnant à court terme à privilégier une situation d'assistanat par rapport à une situation d'emploi.
Cela étant, il est indéniable que le système est à l'origine d'un certain chômage, voire d'un certain assistanat involontaire, tant il est vrai que la libéralisation des échanges internationaux conjuguée avec de lourdes charges fiscales et sociales n'encourage guère les entreprises à l'embauche. Nous en reparlerons. A travers certains dispositifs législatifs aberrants, tels que la loi sur les 35 heures, la culture du travail en elle-même, fondatrice de toute civilisation, se trouve battue en brèche, et les entreprises ne peuvent employer significativement dans ces conditions.
Le système économique actuel lui-même semble, sous le fallacieux prétexte de rentabilité, privilégier l'inactivité, en témoigne la multiplication des pré-retraites, qui ne comptent pas dans les chiffres du chômage officiel mais constituent un coût énorme pour l'assurance vieillesse. Comme si les générations du Baby-Boom n'amèneraient pas assez de difficultés de financement des retraites comme cela.
Cette présentation du découragement de l'activité et de l'encouragement à l'assistanat qui caractérisent si bien les pouvoirs publics nationaux ne serait pas complète sans une évocation de l'immigration d'assistanat instaurée par Valéry Giscard d'Estaing par l'intermédiaire du regroupement familial, qui s'applique bien entendu aux familles polygames.
Cette formidable "pompe aspirante" de la misère du monde est toujours en vigueur dans le contexte actuel de chômage de masse et de faillite des régimes sociaux.
Ces populations allogènes réduites à l'assistanat, outre qu'elles contribuent à la faillite des régimes sociaux, sont de par leur inévitable déficit d'intégration en France, parfois à l'origine de graves troubles sociaux, comme les " violences urbaines " de novembre 2005 l'ont démontré. Ces troubles sociaux contribuent d'ailleurs, suite aux dégâts occasionnés, à aggraver la faillite des finances publiques…
De manière générale, force est de constater que le système français constitue un encouragement objectif à l'assistanat, que celui-ci soit désiré ou non par les personnes concernées.
Il est par ailleurs mensonger d'affirmer que l'Union européenne constitue une entrave à cet assistanat qui décourage l'activité et ce, pour deux raisons.
Tout d'abord, elle est directement à l'origine de deux éléments constitutifs de l'assistanat que sont l'immigration de masse[2] et le chômage massif[3]. Sans d'ailleurs chercher à décourager l'assistanat national car, si la politique monétaire a été "européanisée", la politique budgétaire est restée nationale (sauf quand il s'agit de prendre des décisions de bon sens tels que l'abaissement de la TVA dans le secteur de la restauration...), entretenant ainsi les déficits publics...
Ensuite, elle développe elle-même des politiques coûteuses d'assistanat telles que la PAC, qui, après avoir détruit des pans entiers de notre agriculture, utilise une bonne partie du budget communautaire à subventionner des agriculteurs transformés en "jardiniers de l'espace".
Et ceci alors que la Commission de BRUXELLES utilise une partie de son budget à condamner les aides publiques aux industries d'avenir!
En fait, politiques nationales et européennes se coordonnent à merveille... pour contribuer à un chômage massif!
Au niveau national, les lourdes charges sociales et l'excessive fiscalité qui s'abattent sur les PME, véritables "créatrices d'emplois" (alors que les grandes entreprises s'en tirent en délocalisant et en faisant fructifier leur capital boursier) sont à l'origine de faillites d'entreprises... ou de vagues de licenciements.
Aux niveaux international et européen, l'ouverture excessive des frontières encourage les délocalisations vers les pays qui n'ont justement pas ces contraintes et dont le coût de la vie est de toutes les façons très bas.
Seule alternative à la précarité de l'emploi, l'administration française se caractérise par une efficience[4] plutôt médiocre, alors que les normes qu'elle édicte et dont elle contrôle le respect constituent autant d'entraves pour les "forces vives" du pays.
Elle se traduit par une organisation administrative tentaculaire, procédurière, redondante, souvent déconnectée des réalités du terrain et… coûteuse[5].
La LOLF[6] constitue certainement une amélioration dans la lisibilité des dépenses et une plus grande souplesse dans leur utilisation via la fongibilité des crédits.
Toutefois, le fait qu'elle s'accompagne également d'un grand formalisme, le fait que le respect des "indicateurs de performance" laisse une grande marge de manoeuvre aux gestionnaires de programme, le fait que sa réussite repose sur la collaboration des fonctionnaires les plus privilégiés, le fait surtout qu'elle ne s'accompagne d'aucune réorganisation des structures (préalable nécessaire à une diminution significative des effectifs) peuvent légitimement faire douter de la pleine réussite du dispositif...
Face à cet état de fait désastreux, le gouvernement VILLEPIN n'a trouvé comme seule alternative au chômage de masse qu'une possibilité de licenciement accrue, ce qui ne serait pas une mauvaise chose en soi s'il y avait d'autres mesures complémentaires... qui permettraient de pérenniser l'entrée sur le marché du travail des jeunes Français concernés.
Grande marotte du concurrent SARKÖZY, la "discrimination positive" (évidemment scandaleuse pour des motifs autres que purement économiques) ne saurait constituer une solution car, remplaçant à des postes opérationnels des personnes qui ont le potentiel correspondant par d'autres, elle empêche l'avènement d'une nécessaire politique globale qui ne soit pas du "cas par cas". Principale de ses composantes, l'"immigration choisie" paraît bien dangereuse pour nous comme pour les pays du Tiers-monde qu'elle tend à priver de leurs "élites”, les maintenant en situation de sous-développement....
Les propositions ne manquent pourtant pas pour remettre la France au travail et diminuer ainsi l'endettement public : l'aide décentralisée aux PME, l'allègement de la TVA dans les secteurs du bâtiment et de la restauration, la décentralisation des administrations non régaliennes (supprimant les structures de gestion intermédiaires et rationalisant l'activité administrative), la mise en place d'une "TVA sociale", qui reporterait le poids des charges sociales des PME nationales sur les produits importés…
On peut aussi prôner la participation obligatoire à des Travaux d'Intérêt Général pour les bénéficiaires des minima sociaux mais aussi pour des condamnés de droit commun, ceci pour supprimer définitivement cette malsaine culture de l'assistanat.
A travers ce thème de l'assistanat et du travail, apparaissent les valeurs qui distinguent la droite authentique, qui privilégie les revenus du travail et du patrimoine, de la fausse droite qui privilégie les revenus du capital boursier, déconnectés de la vie économique réelle.
Apparaissent aussi celles qui touchent à l'authentique conception du nationalisme à la française, loin des structures bureaucratiques (nationales comme européennes), coûteuses et paralysantes, et basé sur le respect des corps intermédiaires et des communautés naturelles comme sur l'amour du travail.
Jean du Terroir
Article tiré de la revue L'Héritage, n°4